Message d’Avent de Raymond Latour, o.p.

Un Avent particulier

                              Un peu plus haut, un peu plus loin!

          Pour décrire de manière atténuée la période que nous vivons, on parle souvent de « temps particulier », ce qui évite les mots de « pandémie » ou « crise sanitaire » et tout ce vocabulaire auquel nous nous sommes habitués ces derniers mois. Nous vivrons donc cette année un Avent « particulier ».

          La contagion à la COVID-19 s’avère difficile à juguler. Après une première vague et un certain répit, nous voilà à nouveau plongés dans un confinement gris pour empêcher une plus large propagation du virus. En conformité avec les directives du gouvernement de l’Ontario, l’Archidiocèse de Toronto a communiqué que toutes les célébrations eucharistiques seront annulées durant la période de 28 jours qui s’ouvrait le 23 novembre dernier. C’est dire que nous serons privés de rassemblement dominical tous les dimanches de l’Avent.

Plusieurs auront l’impression d’avoir vécu plusieurs carêmes au cours de cette année 2020 ! L’Avent est la saison tout indiquée pour supporter les crises de toute nature. La patience, la persévérance et la confiance seront encore convoquées pour notre travail d’espérance. En ce temps liturgique, nous intériorisons la longue attente du peuple de Dieu tourné vers la venue du Messie et nous fixons aussi le jour du retour du Christ dans la gloire. Entre ce passé lointain et cet avenir « proche » depuis si longtemps, nous nous préparons aussi à faire mémoire de la naissance du Seigneur.

Isaïe, le prophète privilégié en ce temps liturgique, tente de raviver l’espérance au moment même où le peuple vit des épreuves qui risqueraient de le décourager. Le temps du salut est pour bientôt, assure-t-il, en rappelant que Dieu reste fidèle à ses promesses. Avec la venue de Dieu dans la chair, nous sommes à même de confirmer : l’espérance ne trompe pas !

Ces derniers jours, je recevais dans mes courriels une vidéo montrant une maman ourse et son bébé qui gravissent une montagne enneigée. La maman parvient sans trop de mal au sommet alors que le bébé ours glisse, se reprend et glisse encore, pour finalement se hisser au sommet où sa maman l’attend.  C’est touchant de le voir prendre une glissade juste quand il arrive presque au but, ou alors quand il glisse si loin qu’on se demande s’il ne va pas renoncer à escalader le manteau neigeux. Mais non, chaque fois, il recommence avec une belle vigueur.
Une histoire de persévérance…, un peu comme cette chanson de Jean-Pierre Ferland qu’interprétait magnifiquement Ginette Reno : « Un peu plus haut, un peu plus loin…»

Ces vagues successives de COVID-19 pourraient nous faire perdre cœur, mais nous gardons présents l’appel de Dieu qui espère en nous et nous attend. Son regard est là pour soutenir notre volonté défaillante. Ne jamais perdre de vue le salut, malgré les reculs et les défaites que nous pourrions connaître.

Dans les moments d’inquiétude et d’incertitude comme ceux que nous vivons, Isaïe nous rappelle que le Seigneur nous façonne, « nous sommes l’ouvrage de ses mains » et c’est à nous que revient de mettre en œuvre son grand projet d’un monde renouvelé. Comme le petit ours, nous ne nous laisserons pas abattre par l’adversité, au contraire, nous lèverons les yeux vers l’horizon que le Seigneur nous propose en ce temps de l’Avent. Oui, un avent bien « particulier ». Mais ne le sont-ils pas tous, comme autant d’étapes vers l’accomplissement du règne de Dieu ? Allez ! Encore un peu plus haut! Un peu plus loin ! Tenons bon dans l’espérance !

Raymond Latour, o.p.

Curé de la paroisse du Sacré-Cœur.

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