Pour ce temps de patience

Message aux membres de la communauté chrétienne de la paroisse du Sacré-Cœur de Toronto

Bonjour !

La période de confinement avec ses règles pour éviter la propagation du coronavirus se prolonge. Nous en sommes tous affectés, d’une manière ou d’une autre. Nous sommes invités à avoir encore un peu de patience, ne pas céder à notre « fatigue COVID », à faire tout en notre possible pour se protéger et protéger les personnes qui nous entourent.

Le temps des Fêtes est un temps de rassemblement pour les familles. Mais cette année, il a fallu consentir au sacrifice de ne pas partager avec les nôtres la joie de la Nativité ou l’accueil d’une Nouvelle Année. Dans notre vie paroissiale, les rassemblements sont l’expression même de notre foi, de notre communion. Déjà, il y avait eu cette longue absence au printemps. Ensuite, un timide retour avec masque et distanciation, puis cet autre confinement alors que la seconde vague de la COVID-19 augmentait un bilan déjà lourd d’hospitalisations et de mortalité. C’est ainsi que nous avons été privés –liturgiquement parlant- des célébrations du temps de l’Avent et de Noël.

À la paroisse du Sacré-Cœur, nous réfléchissons aux moyens à mettre en œuvre pour maintenir le lien, pour nourrir la foi et l’espérance de notre communauté. Grâce à la technologie, les célébrations eucharistiques sont à un clic, mais elles restent virtuelles et nous nous retrouvons en compagnie de personnes étrangères, dans des lieux inconnus.

Dans les prochains jours, j’essaierai de trouver une formule qui nous permettra de nous rencontrer, de prier et de réfléchir ensemble sur les moyens de renforcer notre lien communautaire. Je vous invite à consulter notre site « web » et n’hésitez pas à me communiquer vos suggestions pour que nous puissions tenir ensemble dans ce temps de patience où nous nous sentons coupés de ce qui pour nous est un bien essentiel, celui de la communauté rassemblée, croyante et célébrante.
Prions bien les uns pour les autres !

Votre curé,

Raymond Latour, o.p.

Homélie de la messe de Noël du père Raymond Latour, op

« Nous allons passer un beau Noël, cette année ! » disait-on avant, à l’époque où il était permis de faire des plans, où il n’y avait pas de restrictions. Noël se prêtait à toutes les formes de joyeuses célébrations, de rassemblements. Mais avions-nous bien conscience que nous fêtions l’avènement de celui qui nous rassemble, celui qui nous unit ?  

Quand la vie nous sourit, quand tous nos vœux semblent comblés, les souhaits de « Joyeux Noël » ne sont-ils pas superflus ? Mais cette année d’un Noël différent, d’un Noël sans pareil, le souhait qui semble ignorer que nous sommes encore plongés dans une grave crise sanitaire, prend une résonance nouvelle, surprenante. Comme lorsqu’il a retenti pour la première fois. Il ressemble à la bonne nouvelle qui est parvenue aux oreilles des bergers : « Aujourd’hui vous est né un Sauveur » !

Le premier « joyeux Noël ! » n’était pas destiné à des gens choyés par la vie. C’étaient des marginaux, des laissés-pour-compte, des pauvres dont personne ne se souciait vraiment. Ceux que Jésus plus tard proclamera « bienheureux », ceux qui n’avaient pas les moyens de réaliser leur propre bonheur et qui s’en remettaient à Dieu pour le pain quotidien comme pour la justice, comme pour la guérison, comme pour ce que nous désignons par le mot « salut », tout ce qui est nécessaire à la dignité humaine.

À part Jésus, personne sinon un ange, n’aurait pu s’adresser à ces bergers pour leur annoncer, à eux, pauvres et misérables, une « bonne nouvelle ». Parce que jamais rien de bon ne leur advenait, parce que jamais ils n’avaient été bénéficiaires de quoi que ce soit, on comprend leur surprise et leur crainte. Mais Dieu les a trouvés qui veillait cette nuit-là. Nos bergers, à qui personne ne s’intéressait, les voilà, cette nuit de Noël, destinataires, récipiendaires de la première bonne nouvelle. Annonce de la naissance du Sauveur et annonce retentissante aussi de la dignité des plus pauvres !

Dans ce Noël sans pareil que nous connaissons, ne sommes-nous pas plus que jamais dans une situation où nous pouvons partager leur joie ? Nous qui, jour après jour ces derniers mois, avons été abreuvés de mauvaises nouvelles ? qui avons vécu comme jamais la fragilité et la pauvreté de notre humanité ? nous qui avons découvert la précarité de nos bonheurs ? combien nous pouvons si facilement basculer d’un état à un autre, hier en santé, le lendemain en danger mortel, hier avec un bon emploi, le lendemain au chômage, hier avec un toit, le lendemain incapable de payer son loyer. La frontière entre le bonheur et le malheur nous est soudainement apparue bien poreuse. Nous découvrons brutalement à quel point nous sommes tous reliés. Nous avons été limités dans nos déplacements, mais peut-être avons-nous exploré un lieu jusque-là mal connu, celui de notre commune humanité.  Même si bientôt le vaccin nous fera oublier nos fragilités, nous savons maintenant que personne n’est immunisé contre son humanité !

C’était déjà la leçon du Nouveau-Né de la crèche : en lui, nous sommes tous frères et sœurs ! Depuis plus de 2000 ans, combien de fois l’histoire nous a-t-elle ramenés à la vérité de l’Enfant-Dieu qui nous est donné, pour qu’avec lui nous grandissions dans la paix et la joie de son amour ?

Le grand projet de Dieu n’est pas encore achevé. La pandémie nous a indiqué de nombreux chantiers à développer : une plus grande attention aux plus vulnérables, un système de santé qui soit bien soutenu par un effort collectif, une proximité envers les personnes seules et isolées et combien d’autres défis pour ensemble devenir « bonne nouvelle », pour effectivement réaliser le souhait d’un « joyeux Noël » envers les personnes qui sont dans la tristesse, la solitude, la peine. Entendront-elles cette année, par nous relayée, l’annonce de l’ange ?

Alors notre souhait correspondra à notre engagement pour un monde nouveau : « Joyeux Noël ! » ! que la paix nous advienne ! « Joyeux Noël ! » que la justice règne ! « Joyeux Noël ! » que les pauvres soient en fête ! « Aujourd’hui, vous est né un Sauveur » 

La chambre des joueurs

La chambre des joueurs

            Je regardais récemment les capsules-vidéo produites à l’occasion du mois missionnaire d’octobre 2020. Avec la fougue et l’enthousiasme qu’on lui connaît, Mgr Alain Faubert nous invitait à « Oser sortir, rencontrer un monde aimé de Dieu ». Dans un de ses quatre messages sur la mission, il a emprunté une image au monde du hockey : la « chambre des joueurs » a toute son importance, mais « la partie se joue sur la glace », rappelait-il. Une image parlante pour nous dire que l’Église est pour la mission, que l’Église est mission. Alors que la saison de hockey de la Ligne nationale ne commencera vraisemblablement pas avant janvier prochain et que la crise de la COVID impose des limites à nos rassemblements dominicaux, profitons de l’occasion pour explorer cette image.

En anglais, la chambre des joueurs, c’est le « locker room » lieu de conversations pas toujours édifiantes. La comparaison paraîtra moins audacieuse en la reliant avec nos souvenirs de hockey. Vous vous rappelez de cette fièvre du hockey, surtout en séries éliminatoires ? C’était au temps où les Canadiens se rendaient régulièrement en finale. Quand l’équipe, après deux périodes de jeu, affichait un déficit de quelques buts, les commentateurs de « la Soirée du hockey » y allaient de leurs spéculations sur le discours de l’entraîneur dans la sacro-sainte chambre des joueurs : « Qu’est-ce que peut bien dire Scotty Bowman à ses joueurs » ?  Jean-Maurice (Bailly) n’en savait rien mais laissait entendre que cela pouvait changer l’issue du match, insuffler une motivation nouvelle pour que l’équipe revienne de l’arrière et remporte la partie. C’est sur la glace que ça se joue, mais il ne faut pas négliger ce qui se passe dans la fameuse « chambre des joueurs ».

Au Couvent Saint-Albert-le-Grand, à Montréal, il y a un endroit où les frères mettent et enlèvent leur habit dominicain avant et après les offices. Il s’y trouve une bonne trentaine de crochets, sur des murs qui ressemblent à ceux d’un vestiaire sportif. C’est pourquoi je l’ai appelé « la chambre des joueurs », même si on compte bien peu de sportifs parmi nous. La prière et la contemplation ne sont jamais bien loin de l’action ! On ne trouvera pas un décor semblable dans nos églises, mais ne pourrait-on pas y respirer, avec les parfums d’encens, le désir, l’impatience de sauter sur la glace, ou encore la fièvre d’une équipe prête à tout donner pour remplir sa mission ?

Avons-nous le sentiment que nos rassemblements paroissiaux nous préparent à nous jeter dans la mêlée, à nous engager à la poursuite d’un but, à jouer des coudes pour plus de justice, plus de fraternité ? Quand, après une semaine missionnaire, nous rentrons au « vestiaire », notre prière et nos échanges reflètent-ils notre travail sur le terrain ?  Dans la chambre des joueurs, l’entraîneur ne manquera pas d’inciter tous les membres de l’équipe à contribuer à l’effort collectif. Il y a les joueurs vedettes, il y a aussi ceux que l’on appelle les « plombiers ». Dans notre Église, ne sommes-nous pas appelés à jouer en équipe, à valoriser toutes les forces mises au service de la mission ?

L’entraîneur nous demande d’y mettre notre cœur !

Décembre, notre année liturgique vient de commencer.  Sortons du vestiaire. La partie se joue sur la glace !  

Raymond Latour, o.p.

Message d’Avent de Raymond Latour, o.p.

Un Avent particulier

                              Un peu plus haut, un peu plus loin!

          Pour décrire de manière atténuée la période que nous vivons, on parle souvent de « temps particulier », ce qui évite les mots de « pandémie » ou « crise sanitaire » et tout ce vocabulaire auquel nous nous sommes habitués ces derniers mois. Nous vivrons donc cette année un Avent « particulier ».

          La contagion à la COVID-19 s’avère difficile à juguler. Après une première vague et un certain répit, nous voilà à nouveau plongés dans un confinement gris pour empêcher une plus large propagation du virus. En conformité avec les directives du gouvernement de l’Ontario, l’Archidiocèse de Toronto a communiqué que toutes les célébrations eucharistiques seront annulées durant la période de 28 jours qui s’ouvrait le 23 novembre dernier. C’est dire que nous serons privés de rassemblement dominical tous les dimanches de l’Avent.

Plusieurs auront l’impression d’avoir vécu plusieurs carêmes au cours de cette année 2020 ! L’Avent est la saison tout indiquée pour supporter les crises de toute nature. La patience, la persévérance et la confiance seront encore convoquées pour notre travail d’espérance. En ce temps liturgique, nous intériorisons la longue attente du peuple de Dieu tourné vers la venue du Messie et nous fixons aussi le jour du retour du Christ dans la gloire. Entre ce passé lointain et cet avenir « proche » depuis si longtemps, nous nous préparons aussi à faire mémoire de la naissance du Seigneur.

Isaïe, le prophète privilégié en ce temps liturgique, tente de raviver l’espérance au moment même où le peuple vit des épreuves qui risqueraient de le décourager. Le temps du salut est pour bientôt, assure-t-il, en rappelant que Dieu reste fidèle à ses promesses. Avec la venue de Dieu dans la chair, nous sommes à même de confirmer : l’espérance ne trompe pas !

Ces derniers jours, je recevais dans mes courriels une vidéo montrant une maman ourse et son bébé qui gravissent une montagne enneigée. La maman parvient sans trop de mal au sommet alors que le bébé ours glisse, se reprend et glisse encore, pour finalement se hisser au sommet où sa maman l’attend.  C’est touchant de le voir prendre une glissade juste quand il arrive presque au but, ou alors quand il glisse si loin qu’on se demande s’il ne va pas renoncer à escalader le manteau neigeux. Mais non, chaque fois, il recommence avec une belle vigueur.
Une histoire de persévérance…, un peu comme cette chanson de Jean-Pierre Ferland qu’interprétait magnifiquement Ginette Reno : « Un peu plus haut, un peu plus loin…»

Ces vagues successives de COVID-19 pourraient nous faire perdre cœur, mais nous gardons présents l’appel de Dieu qui espère en nous et nous attend. Son regard est là pour soutenir notre volonté défaillante. Ne jamais perdre de vue le salut, malgré les reculs et les défaites que nous pourrions connaître.

Dans les moments d’inquiétude et d’incertitude comme ceux que nous vivons, Isaïe nous rappelle que le Seigneur nous façonne, « nous sommes l’ouvrage de ses mains » et c’est à nous que revient de mettre en œuvre son grand projet d’un monde renouvelé. Comme le petit ours, nous ne nous laisserons pas abattre par l’adversité, au contraire, nous lèverons les yeux vers l’horizon que le Seigneur nous propose en ce temps de l’Avent. Oui, un avent bien « particulier ». Mais ne le sont-ils pas tous, comme autant d’étapes vers l’accomplissement du règne de Dieu ? Allez ! Encore un peu plus haut! Un peu plus loin ! Tenons bon dans l’espérance !

Raymond Latour, o.p.

Curé de la paroisse du Sacré-Cœur.

Ressources spirituelles

Même si les messes publiques sont annulées temporairement, nous pouvons toujours nourrir notre foi et prier en étant reliés-es à d’autres personnes:

Voici quelques sites pour vous soutenir spirituellement :

Prenez soin de vous et des autres.

Messes annulées pendant l’Avent

En conformité avec les nouvelles restrictions annoncées par le gouvernement de l’Ontario, l’archidiocèse de Toronto a communiqué les directives suivantes, jusqu’au 21 décembre:

– l’église est ouverte sur rendez-vous pour la prière privée et les confessions.

– un maximun de 10 personnes est autorisé dans l’édifice en tout temps.

– toutes les célébrations eucharistiques sont annulées jusqu’à nouvel ordre.

En cas de funérailles, contactez la paroisse au 416-922-2177.

Pour Noël et jour de l’An, d’autres précisions suivront!

Discours du père Raymond Latour, op à la fin de la messe d’installation

Dimanche 18 octobre, Mgr Bob Kasun, évêque-auxiliaire de Toronto, a présidé la célébration d’installation de notre nouveau curé, Raymond Latour,o.p.. Ce rite souligne les deux liens les plus importants pour le pasteur, celui avec son évêque qui lui confie la charge d’une partie des fidèles du diocèse, et le lien avec les paroissiennes et paroissiens de l’église du Sacré-Cœur.

Du fait de la pandémie, beaucoup de paroissiennes et paroissiens étaient absents. Afin de les associer, voici donc le discours que le père Raymond a prononcé à la fin de la messe :

« Vous me permettrez d’abord d’adresser mes remerciements à Mgr Bob Kasun qui a eu l’amabilité de présider cette célébration d’accueil.

I would like to thank Bishop Kasun for the trust he invested in me by officially welcoming me as the pastor of this community of Sacré-Coeur. I promised you, Bishop Kasun, that I will do my very best to fulfill the mission you entrust to me. Rest assured that I will work very hard to intensify the communion between this French speaking parish and the whole diocese. With the parishioners we will follow the pastoral orientations of the diocese and try to bring a contribution to its diversity showing that the Church gather peoples from all races, cultures and language in a common faith.

Merci à vous, chers paroissiens et paroissiennes, qui m’accueillez aujourd’hui formellement comme votre nouveau curé. Les curés sont là pour un temps plus ou moins long, mais vous, vous restez. J’ai tout à apprendre de vous. J’essaierai de m’inscrire dans la continuité de l’histoire de cette belle paroisse, plus que centenaire qui a toujours été perçue comme un point de ralliement pour la communauté francophone.

Comme vous le savez, j’ai vécu 32 ans au Japon avant de revenir au Canada, il y a deux ans. C’est avec un grand bonheur que je retrouve la tâche de curé que j’ai exercée pendant la plupart de ces années de vie missionnaire au Japon. Aujourd’hui, curieuse coïncidence, c’est le dimanche des missions. C’est un petit clin d’œil qui me signifie que là aussi, il y a une continuité, que ce que j’ai pu acquérir durant ces années à l’étranger, je pourrai le faire servir à la croissance de cette communauté chrétienne du Sacré-Cœur.

Comme vous l’avez bien compris au cours de cette célébration, le curé n’est pas au-dessus de la communauté chrétienne mais avec elle, il accomplit sa mission en tentant de mettre à contribution les charismes de chaque fidèle. Ensemble, nous allons accomplir notre mission baptismale, ensemble, nous allons proclamer l’évangile, servir le peuple des pauvres et construire une communion qui annonce la fraternité nouvelle que Jésus est venu instaurer.

Beaucoup de défis nous attendent. Avec vous, de toutes mes forces, je tenterai de les relever. Parmi eux, celui de la transmission de la foi reste une priorité. La paroisse est directement reliée à cinq écoles catholiques qui continueront à faire l’objet de notre sollicitude. Nous n’oublions pas non plus notre lien de communion avec la Résidence Héritage pour les aînés. Le milieu dans lequel notre paroisse est situé détermine aussi notre mission : comment être davantage présent auprès des personnes en situation de précarité, qui vivent dans la pauvreté et l’isolement?  Ensemble, nous tenterons de répondre à ces différents appels.

        En terminant, je voudrais remercier spécialement toutes les personnes qui ont contribué à la réalisation de cette célébration. Je remercie à nouveau, en votre nom, le précédent curé, le f. Thong pour tout ce qu’il a accompli parmi vous. J’espère vous servir avec autant de dévouement et de générosité.  Merci aussi à la communauté des frères Dominicains qui m’assiste dans cette mission. Enfin, merci à vous tous qui m’accueillez en ce temps de pandémie… qui nous oblige à une certaine créativité.

C’est une nouvelle page de l’histoire de la paroisse qui commence. Unissons nos prières pour que, en ce temps, nous produisions les fruits que le Seigneur attend de nous,

Raymond Latour, o.p.

Première messe du Père Raymond Latour, o.p.

Dimanche 13 septembre 10h

Dimanche 30 août p. Thong, o.p. (remplacement)

Une boite pour mettre des cartes de remerciement pour le p. Thong est disponible au fond de l’église .

Dimanche 6 septembre p. Michel Côté, o.p. (remplacement)

Nous vous informerons plus tard de la reprise des messes du samedi 17h.

Prenez soin de vous. Soyez assurés de nos prières.

Bonne rentrée!